En bref

Dissoudre une société par actions exige de régler les dettes, distribuer les actifs, produire les déclarations fiscales finales puis déposer les documents de dissolution. Une fermeture ordonnée protège les administrateurs. 861,16 $ chez Labo Legal.

Toutes les sociétés ne sont pas destinées à durer cent ans, et il n'y a aucune honte à fermer un chapitre : projet accompli, retraite, simplification d'un groupe. Ce qui distingue une fermeture réussie d'une fermeture problématique, c'est la méthode. Une société ne s'éteint pas en cessant d'exister dans les faits; elle se dissout, dans les formes, ou elle continue d'accumuler obligations et pénalités en silence.

Dissolution volontaire ou radiation d'office : deux fins très différentes

La dissolution volontaire est une décision : les actionnaires choisissent de mettre fin à la société et pilotent le processus jusqu'au certificat qui en constate l'extinction. La radiation d'office, elle, est une sanction : le Registraire raye la société qui néglige ses déclarations annuelles. Les conséquences n'ont rien à voir. La première ferme les dossiers proprement; la seconde laisse une entité juridiquement morte mais aux obligations bien vivantes, avec des pénalités qui courent et un patrimoine dans les limbes. Si votre société est inactive, choisissez votre fin plutôt que de la subir.

Les préalables : payer, percevoir, consentir

Avant de dissoudre, la société doit faire le ménage. Ses dettes doivent être acquittées ou prises en charge, ses créances récupérées, ses derniers salaires et remises versés. Côté fiscal, les déclarations finales doivent être produites et les comptes de taxes fermés; au Québec, la dissolution requiert notamment le consentement de Revenu Québec, qui vérifie que rien ne lui est dû avant de laisser partir un contribuable. Distribuer les actifs aux actionnaires avant d'avoir réglé les créanciers est le faux pas classique : les administrateurs et les bénéficiaires peuvent en répondre personnellement.

La mécanique juridique

La dissolution volontaire s'appuie sur des autorisations corporatives en bonne et due forme, résolutions des actionnaires et, selon le cas, des administrateurs, suivies du dépôt des documents requis auprès du registre concerné, Registraire des entreprises pour une société québécoise, Corporations Canada pour une société fédérale, qui délivre alors le certificat ou l'attestation constatant la fin de la société. Le reliquat des biens, une fois tout le monde payé, est partagé entre les actionnaires selon leurs droits, avec les conséquences fiscales d'une distribution finale, à planifier avec le comptable.

Trois issues possibles pour une société qui cesse ses activités, et ce que chacune implique.

Dissoudre, laisser dormir ou subir la radiationLabo Legal
Dissolution volontaireSociété dormanteRadiation d'office
OrigineVotre décisionVotre décisionSanction du Registraire
Existence juridiquePrend fin proprementMaintenuePerdue
Obligations annuellesCessentSe poursuiventContinuent de courir
Capacité de contracterTerminéeIntacteCompromise
Sort des biensDistribués après les créanciersConservésSituation instable
CoûtUn projet ponctuelFaible, mais récurrentLe plus élevé, une fois cumulé
Retour en arrièreReconstitution, dans certains casImmédiatRévocation de radiation

Après la fin : ce qui survit

La dissolution n'efface pas tout. Les registres et documents de la société doivent être conservés plusieurs années, car les autorités fiscales conservent leurs pouvoirs de vérification. Une société dissoute peut même, dans certains cas, être reconstituée si un actif oublié refait surface ou si une procédure l'exige. Et les responsabilités encourues avant la dissolution, notamment celles des administrateurs, ne disparaissent pas avec la société. D'où l'intérêt de fermer avec un dossier impeccable : c'est lui qui vous protège une fois l'entreprise disparue.

En deux mots : dissoudre est un projet, pas une formalité. Bien préparé, il se déroule sans heurts en quelques semaines. Notre service de dissolution prend le dossier du diagnostic initial jusqu'à la confirmation finale, résolutions comprises, pour que le dernier chapitre soit aussi propre que le premier.

L'ordre des paiements n'est pas négociable

Une liquidation obéit à une séquence, et c'est en la brûlant que l'on transforme une fermeture ordinaire en problème personnel. Les créanciers viennent avant les actionnaires. Toujours. Cela paraît évident énoncé ainsi, et pourtant l'erreur est courante, parce qu'elle se présente rarement sous une forme aussi crue.

Elle prend plutôt l'allure d'un actionnaire qui reprend l'équipement de l'entreprise « puisqu'elle ferme de toute façon », d'un solde de compte vidé en dividende final avant que la dernière cotisation ne soit établie, ou d'un fournisseur oublié parce que sa facture dormait dans une pile. Le résultat est le même : la société n'a plus les moyens de payer quelqu'un qui avait le droit d'être payé avant.

Deux conséquences en découlent. L'actionnaire qui a reçu peut se voir réclamer ce qu'il a touché, et les administrateurs qui ont autorisé la distribution s'exposent personnellement, particulièrement lorsque des sommes dues aux autorités fiscales restaient impayées. Une dissolution correctement menée règle donc l'ensemble du passif, ou en organise formellement la prise en charge, avant que le moindre bien ne remonte vers les actionnaires.

Ce qu'il faut conserver, et pourquoi

La société disparaît, mais pas son passé. Les autorités fiscales conservent des pouvoirs de vérification pour un certain temps après la fin des activités, et une réclamation peut surgir alors que l'entité n'existe plus. Dans ce scénario, la seule chose qui protège les anciens dirigeants est la documentation.

Conservez donc, et de façon accessible plutôt que dans un sous-sol : les états financiers et déclarations fiscales des dernières années, les pièces justificatives, le livre des minutes complet, les résolutions de dissolution, la preuve du règlement des créanciers, l'état de la distribution finale et les consentements obtenus. Désignez aussi qui les garde. Une boîte dont plus personne ne sait chez qui elle se trouve équivaut, en pratique, à des documents détruits.

Les solutions de rechange à la dissolution

Dissoudre n'est pas toujours la bonne réponse à une entreprise qui s'arrête, et il vaut la peine de comparer avant de trancher.

Garder la société dormante est une option légitime lorsqu'un retour est plausible à court terme, qu'un actif doit être conservé ou qu'une garantie court encore sur des travaux passés. Le coût annuel se limite alors aux déclarations et à une comptabilité minimale, ce qui est bien moins onéreux qu'une dissolution suivie d'une nouvelle constitution deux ans plus tard. La condition est de tenir ces obligations, faute de quoi la société se retrouve radiée d'office, ce qui est exactement le scénario à éviter.

La réorganisation mérite aussi d'être évaluée lorsque la société fait partie d'un groupe. Regrouper deux entités plutôt que d'en liquider une peut préserver des attributs fiscaux et éviter une distribution imposable. Cette avenue se décide avec le comptable, et elle change parfois complètement le calcul.

Votre société fait partie d'un groupe? La fusion simplifiée évite de céder les contrats un par un.

Le calendrier réel

La partie juridique se traite en quelques semaines. Ce sont les préalables qui commandent le rythme : produire les déclarations fiscales finales, fermer les comptes de taxes, obtenir les consentements requis, encaisser les dernières créances, résilier les baux et les contrats de service. Un dossier lancé sans que ces éléments soient amorcés donne l'impression que la procédure traîne, alors que c'est la préparation qui n'était pas faite.

Le conseil pratique tient en une phrase : commencez par établir la liste de tout ce que la société doit et de tout ce qu'elle possède, avant de fixer une date de fermeture. Cette liste dicte le calendrier, et non l'inverse. Si votre entreprise n'est pas une société par actions, c'est vers la radiation de l'immatriculation qu'il faut vous tourner.

Questions fréquentes

Comment dissoudre une société par actions au Québec?

Il faut régler ou faire prendre en charge les dettes, récupérer les créances, produire les déclarations fiscales finales et fermer les comptes de taxes, obtenir les consentements requis, puis déposer les documents de dissolution après des résolutions en bonne et due forme.

Peut-on simplement cesser les activités sans rien faire?

C'est le pire scénario. Une société abandonnée continue d'accumuler obligations et pénalités, puis se fait radier d'office, ce qui lui retire son existence juridique tout en laissant ses obligations vivantes. Choisir sa fin coûte toujours moins cher que la subir.

Faut-il payer les créanciers avant les actionnaires?

Toujours. L'actionnaire qui a reçu une distribution avant que les créanciers soient payés peut se voir réclamer ce qu'il a touché, et les administrateurs qui l'ont autorisée s'exposent personnellement, particulièrement si des sommes restaient dues aux autorités fiscales.

Les montants gouvernementaux à jour figurent dans les frais de dissolution.