En bref

Pour démarrer en règle au Québec : choisir sa structure, immatriculer ou incorporer, constituer le livre des minutes, s'inscrire aux taxes si requis, ouvrir le compte bancaire et encadrer les ententes entre associés. Le Kit Startup règle l'essentiel en une commande.

Lancer une entreprise au Québec, juridiquement parlant, est un parcours étonnamment prévisible : les mêmes étapes, dans à peu près le même ordre, pour presque tout le monde. Le connaître d'avance transforme une source d'anxiété en simple liste de choses à faire. Voici ce parcours, raconté dans l'ordre où il se vit.

D'abord, la structure

Tout part du choix de la forme juridique : entreprise individuelle pour la simplicité, société en nom collectif pour s'associer légèrement, société par actions pour la protection du patrimoine et la fiscalité. Ce choix conditionne tout le reste, du régime fiscal aux documents à préparer. Prenez le temps de le poser correctement, en fonction de votre risque, de vos revenus prévus et de vos associés éventuels; c'est la décision la moins coûteuse à bien prendre et la plus coûteuse à corriger.

Ensuite, le nom et l'existence officielle

Le nom se vérifie avant de s'aimer : disponibilité au registre, conformité linguistique, marques de commerce, nom de domaine. Vient alors l'acte de naissance : immatriculation au Registraire pour l'entreprise individuelle ou la SENC, constitution avec statuts pour la société par actions, suivie de son organisation juridique, règlements, émission d'actions, livre des minutes. Une société constituée mais jamais organisée est une coquille juridiquement bancale, et c'est l'oubli le plus fréquent que nous rencontrons.

Puis, l'administration fiscale

Selon votre situation : inscription à la TPS et à la TVQ, obligatoire au-delà de 30 000 $ de ventes taxables et souvent avantageuse avant, compte d'entreprise auprès de l'Agence du revenu du Canada, et retenues à la source dès le premier employé. Ces inscriptions se font en quelques jours quand on s'y prend au bon moment, et en catastrophe quand on découvre l'obligation après coup.

Les contrats qui protègent la valeur

Quatre documents méritent votre attention dès les premiers mois. La convention entre actionnaires, si vous êtes plusieurs : c'est elle qui évitera que la première mésentente devienne la dernière. Les conditions de vente ou de service qui encadrent vos relations clients. Les ententes avec pigistes et employés, incluant la cession de propriété intellectuelle et la confidentialité. Et le bail commercial, dont les clauses de renouvellement et de sortie engagent l'entreprise pour des années. Aucun de ces documents n'est obligatoire au sens strict; tous deviennent précieux le jour où quelque chose accroche.

Enfin, le rythme de croisière

Une entreprise en règle le reste par entretien : déclaration de mise à jour annuelle au Registraire, résolutions annuelles versées au livre des minutes, déclarations fiscales et remises de taxes aux fréquences assignées. Rien d'exigeant, à condition d'en faire une routine plutôt qu'un rattrapage.

Un mot de méthode pour finir : ces étapes se commandent aujourd'hui comme un tout. Nos kits startup regroupent la constitution, le livre des minutes, les inscriptions fiscales et du temps de consultation avec un avocat, précisément parce que ces morceaux vont ensemble. Que vous passiez par nous ou non, faites-les dans l'ordre, et faites-les tôt : chaque étape coûte moins cher avant qu'après.

Les décisions qui précèdent la structure

Avant de choisir une forme juridique, il y a une conversation à avoir, et c'est celle que l'on saute le plus souvent parce qu'elle est inconfortable. Elle porte sur quatre questions, et elle concerne tous ceux qui démarrent à plusieurs.

Qui apporte quoi? L'argent, oui, mais aussi le temps, le réseau, l'équipement, la propriété intellectuelle existante. Un apport de cent heures par semaine et un apport de vingt mille dollars ne se comparent pas spontanément, et c'est précisément pourquoi il faut en parler avant de fixer les pourcentages.

Qui décide quoi? Y compris dans les cas où vous ne serez pas d'accord. Qui se paie, et quand? Un fondateur qui a besoin d'un revenu dès le troisième mois et un autre qui peut attendre deux ans n'ont pas le même projet, même s'ils décrivent la même entreprise. Que se passe-t-il si quelqu'un part? Réponse la plus fréquente en réunion de démarrage : « on n'y a pas pensé ». C'est exactement ce qu'une convention entre actionnaires traduit ensuite en clauses, mais la conversation vient avant le document.

Les obligations propres à votre secteur

La liste précédente est universelle. Elle ne dit rien de ce que votre activité particulière exige, et c'est là que se cachent les surprises réglementaires.

Vérifiez systématiquement quatre choses. Le permis municipal, exigé dans plusieurs villes pour exercer une activité commerciale, y compris depuis un domicile, où le zonage peut aussi limiter certains usages. Les autorisations sectorielles, qui existent notamment en construction, en alimentation, en transport, en services financiers, en immobilier, en garderie éducative et dans une bonne partie du domaine de la santé. L'appartenance à un ordre professionnel, qui encadre non seulement votre pratique mais souvent votre forme juridique et votre actionnariat. Les règles particulières à votre clientèle, la protection du consommateur et la protection des renseignements personnels imposant des obligations concrètes dès que vous vendez à des particuliers ou détenez des données.

Ces vérifications prennent une heure de recherche au démarrage. Découvertes après une plainte ou une inspection, elles coûtent infiniment plus.

Employé ou sous-traitant : une qualification qui ne se choisit pas

Erreur structurante et très répandue. Rédiger un contrat qui qualifie quelqu'un de travailleur autonome ne rend pas cette qualification exacte. Les autorités fiscales et les tribunaux examinent la réalité de la relation : le degré de contrôle exercé sur le travail et l'horaire, l'intégration à l'organisation, la propriété des outils, la possibilité de profit et le risque de perte, la possibilité de se faire remplacer.

Une requalification en emploi entraîne les retenues à la source non effectuées, les cotisations correspondantes, des pénalités et des intérêts, souvent pour plusieurs années en arrière, et parfois des obligations en matière de normes du travail. C'est l'un des redressements les plus fréquents chez les jeunes entreprises qui ont voulu rester légères.

La prudence consiste à examiner honnêtement chaque relation plutôt qu'à généraliser. Un pigiste qui a plusieurs clients, fixe ses méthodes et facture au mandat est généralement un sous-traitant. Une personne qui travaille pour vous seul, à vos heures, avec votre matériel, sous votre supervision, l'est rarement, quel que soit l'intitulé du contrat.

Les contrats méritent une lecture attentive avant signature : notre article sur la révision d'un contrat détaille les clauses à surveiller.

Le calendrier de la première année

Une fois lancé, ce sont les échéances qui structurent l'année, et elles arrivent sans avertissement. Notez dès maintenant, dans le calendrier que vous consultez réellement : la date de fin de votre exercice financier, la période de production de votre déclaration au Registraire, l'échéance de votre déclaration annuelle fédérale si votre société est fédérale, les dates de vos rapports de TPS et TVQ selon la fréquence qui vous est assignée, les remises si vous avez du personnel, et le moment où vos résolutions annuelles devront être signées, généralement quand le comptable finalise les états financiers.

Six inscriptions au calendrier. C'est, très concrètement, ce qui sépare une entreprise en règle d'une entreprise en rattrapage.

Questions fréquentes

Quelles sont les étapes juridiques pour démarrer une entreprise au Québec?

Choisir la forme juridique, vérifier et réserver le nom, immatriculer ou constituer, organiser la société avec ses registres, s'inscrire aux taxes si requis, ouvrir le compte bancaire, puis encadrer par écrit les relations avec les associés, les clients et les pigistes.

Faut-il s'inscrire à la TPS et à la TVQ dès le départ?

L'inscription devient obligatoire dès que vos fournitures taxables dépassent 30 000 $ sur quatre trimestres consécutifs. S'inscrire volontairement avant ce seuil est souvent avantageux, puisque cela permet de récupérer les taxes payées sur vos dépenses de démarrage.

Quelles obligations reviennent chaque année?

La déclaration de mise à jour au Registraire, les résolutions annuelles versées au livre des minutes, les déclarations fiscales et les remises de taxes à la fréquence qui vous est assignée. Notez ces échéances dans le calendrier que vous consultez réellement.

Les montants gouvernementaux à jour figurent dans le détail des frais gouvernementaux.